Refaire un site internet semble simple sur le papier : on choisit un design qui plaît, on remplit les pages, on met en ligne. Dans les faits, la majorité des projets dérapent — délais qui s'allongent, budget qui double, livraison décevante. Et le pire, c'est que ces dérapages sont presque toujours dus aux mêmes erreurs, commises avant même que le moindre pixel ne soit dessiné.
Chez EDH Studio, nous récupérons régulièrement des projets mal partis. Voici les 7 erreurs les plus fréquentes que nous voyons sur les missions de création de site internet — et la méthode pour les éviter dès le démarrage.
Erreur n°1 — Démarrer sans objectif chiffré
« On veut refaire le site » n'est pas un objectif. C'est une intention. Sans cible chiffrée, impossible d'arbitrer entre deux options de design, deux structures de page ou deux niveaux de budget.
Un objectif utile ressemble à : « Générer 20 demandes de devis qualifiées par mois », « Passer de 500 à 2 000 visiteurs mensuels d'ici 6 mois », « Réduire le coût d'acquisition d'un lead de 30 % ». Avec ce type de cible, chaque décision de design ou de contenu peut être pesée : « est-ce que ça nous rapproche ou nous éloigne de l'objectif ? ».
Avant de signer le moindre devis, posez par écrit votre objectif principal et deux objectifs secondaires. C'est 30 minutes de travail qui vous fait gagner 30 % du temps total du projet.
Erreur n°2 — Confondre design et performance
Un site magnifique qui charge en 6 secondes ne convertit pas. Pire : Google le pénalise dans les résultats de recherche via les Core Web Vitals, ces métriques techniques qui mesurent l'expérience réelle des utilisateurs.
Les vraies questions à poser à votre prestataire avant signature :
- Quel score PageSpeed garantissez-vous à la livraison, sur mobile ?
- Combien de requêtes HTTP la page d'accueil va-t-elle générer ?
- Les images seront-elles servies en WebP/AVIF avec lazy loading ?
- Y a-t-il un budget de performance défini dans le cahier des charges ?
Exigez par écrit un score PageSpeed mobile supérieur à 80 au moment de la livraison. Sans cette clause, vous prenez le risque d'un site beau mais commercialement inerte.
Erreur n°3 — Négliger le SEO dès la conception
Reprendre le SEO après coup coûte 3 à 5 fois plus cher qu'au moment de la conception. Pourquoi ? Parce que la structure d'URL, la hiérarchie des titres (H1/H2/H3), les balises meta, le Schema.org et l'arborescence du site sont des fondations. Les modifier après coup, c'est refaire le terrassement quand la maison est déjà debout.
Avant les premiers wireframes, votre prestataire doit avoir produit :
- Une étude de mots-clés ciblée par page
- Une arborescence orientée intention de recherche (et non orientée org chart interne)
- Un plan de balisage Schema.org adapté à votre activité (LocalBusiness, Service, FAQPage…)
- Une stratégie de maillage interne entre les pages
Si ces livrables n'apparaissent pas dans le devis, le SEO est probablement considéré comme une « option » à ajouter plus tard. C'est exactement le piège à éviter. Notre accompagnement SEO intègre systématiquement cette phase amont.
Erreur n°4 — Oublier le mobile-first
Selon l'INSEE, plus de 60 % du trafic web français passe désormais par mobile. Pour les commerces et restaurants, le chiffre dépasse 75 %. Pourtant, beaucoup de sites sont encore conçus sur grand écran de designer, puis « adaptés » au smartphone en bout de chaîne.
Inversez la logique. Demandez à voir les wireframes mobile en premier. Si le designer ne peut pas vous montrer la version smartphone avant la version desktop, c'est qu'il ne pense pas mobile-first. Les questions à valider sur la version mobile :
- Le CTA principal est-il visible sans scroller ?
- Le formulaire de contact tient-il sur un écran sans clavier ouvert ?
- Le menu de navigation est-il utilisable d'une seule main ?
- Les textes sont-ils lisibles sans zoomer (16px minimum) ?
Erreur n°5 — Sous-estimer le contenu
« On verra pour les textes plus tard. » C'est la phrase qui retarde le plus de projets web. Le contenu doit être prêt — ou au minimum cadré — avant le design, pas après.
Sans contenu réel, le designer travaille avec du faux texte (lorem ipsum) et des images génériques. Au moment d'injecter vos vrais textes, ils ne rentrent pas dans les blocs, les images ne sont pas dans le bon format, les titres sont trop longs ou trop courts. Le site doit être redessiné en partie — et la facture explose.
La règle : avant de lancer la phase design, produisez les textes des 5 pages principales (accueil, services, à propos, contact, et la page la plus stratégique). Ce travail prend 1 à 2 semaines et économise 4 à 6 semaines sur la production.
Erreur n°6 — Choisir un prestataire sur le seul critère du prix
Un site à 800 € peut coûter 15 000 € au total une fois additionnés les correctifs, la refonte SEO, les pertes de chiffre d'affaires liées aux bugs et la migration vers un nouveau prestataire 18 mois plus tard. Le prix d'achat n'est jamais le coût total.
Les questions à poser systématiquement avant signature :
- Puis-je voir 3 sites livrés depuis moins de 12 mois, avec leurs URL ?
- Quels résultats mesurés vos clients ont-ils obtenus (trafic, conversions) ?
- Que comprend exactement la maintenance après la livraison ?
- Êtes-vous propriétaire du code, du nom de domaine et de l'hébergement, ou serais-je dépendant à vie ?
- Comment gérez-vous les obligations légales : mentions légales, politique de confidentialité, conformité RGPD ?
Sur ce dernier point, consultez la rubrique dédiée du site Service-public.fr : un prestataire sérieux connaît et anticipe ces obligations dans son devis.
Erreur n°7 — Ne pas prévoir la suite
Un site n'est jamais « fini » à la livraison. Sans plan de maintenance, de contenu et de mesure, il se dégrade en 6 à 12 mois : plugins obsolètes, failles de sécurité, contenu daté, perte de positions Google. Et un jour, vous découvrez que votre site est piraté ou complètement déclassé.
Prévoyez dès le départ un budget mensuel récurrent qui couvre :
- Maintenance technique (mises à jour, sauvegardes, monitoring) : 80 à 200 € / mois
- Production éditoriale (au moins 1 article ou page par mois) : 300 à 800 € / mois
- Pilotage SEO & analytics (suivi des positions, ajustements) : 200 à 500 € / mois
Un site sans budget récurrent est un site qui meurt à petit feu. Mieux vaut prévoir l'enveloppe dès le départ que de devoir tout refaire dans deux ans.
Conclusion : 30 minutes pour éviter 6 mois de galère
Éviter ces 7 erreurs vous fait gagner des mois de production et plusieurs milliers d'euros — souvent plus que le coût total du projet lui-même. Le point commun de toutes ces erreurs : elles se règlent en amont, par la méthode, pas par la technique.
Si vous lancez bientôt votre projet de site internet, parlons-en avant que vous signiez quoi que ce soit. Un échange de 30 minutes peut vous épargner les pièges les plus coûteux et vous donner une vision claire de ce qui doit figurer (ou non) dans le cahier des charges.
Passer du conseil à l’action dans votre entreprise
Testez le site sur un téléphone réel, une connexion mobile et sans JavaScript. Vérifiez les formulaires, les liens et le HTML reçu avant de mesurer les indicateurs de performance.
Préparer votre prochain échange
- Décrivez votre activité, votre public et votre zone d’intervention.
- Listez votre objectif principal : appels, réservations ou demandes de devis.
- Rassemblez les accès et les mesures disponibles, sans communiquer vos mots de passe.
- Définissez un budget, un calendrier et la façon de mesurer l’avancement.
Les exemples et estimations de ce guide ne constituent pas une garantie de résultat. Le contexte, la période de mesure et les ressources engagées doivent être précisés avant toute comparaison.
Pour approfondir : web.dev — Core Web Vitals. Retrouvez aussi notre accompagnement adapté ou demandez un devis gratuit.





